GESTION D’UNE ATTEINTE HÉPATIQUE

Le foie est un organe central dans la préservation de la bonne santé et pour cause : en plus d’assurer de nombreuses autres fonctions vitales comme la coagulation, il est LE détoxificateur de l’organisme ! C’est un organe fréquemment mis à rudes épreuves et atteint de diverses manières (infections, alimentation, génétique, cancer…). Comme nous l’avons déjà vu, les étiologies des atteintes hépatiques se rejoignent au niveau de l’inflammation mais aussi de l’apparition d’un stress oxydatif, notamment par la chute de la synthèse du glutathion, principal antioxydant de l’organisme.

Il existe donc différents leviers, en plus du traitement étiologique, pour traiter une atteinte hépatique et protéger le foie afin de sortir du cercle vicieux expliqué précédemment : adaptation de l’alimentation et utilisation d’hépatoprotecteurs pour le contrôle du stress oxydatif et de l’inflammation.

 

            Adaptation de l’alimentation

 

L’idéal est de passer le chien ou chat ayant des problèmes hépatiques à une alimentation adaptée, c’est-à-dire avec un support hépatique (aliments de haute qualité, digestibilité élevée…). Cependant, il est fréquent que ces animaux aient un appétit capricieux et boudent ces nouvelles croquettes en préférant l’anorexie. Il faut alors présenter une alimentation très appétente et de qualité, voire avoir recours à une sonde naso-oesophagienne dans les cas les plus graves. Une perfusion est le plus souvent nécessaire pour lutter contre la déshydratation.

 

            Contrôle du stress oxydatif grâce aux hépatoprotecteurs

 

Administrer de la méthionine ne permettra pas de restaurer la synthèse de glutathion puisque le problème est un défaut de SAMe synthétase (pour transformer la méthionine présente, cf 2ème partie de ce dossier). Il faut donc administrer de la SAMe (S-adénosylméthionine, la molécule intermédiaire entre la méthionine et le glutathion) afin de pouvoir élever le taux de glutathion hépatique. Les animaux avec des problèmes hépatiques et complémentés avec de la SAMe ont en effet vu leur teneur en glutathion revenir à la normale ! En plus d’augmenter la production de glutathion, et donc de protéger les cellules du stress oxydatif, la SAMe permet la régénération du foie en stimulant la synthèse protéique, et participe aussi à la fluidité membranaire.

 

 

L’administration de SAMe est ainsi recommandée dans toutes les atteintes hépatiques, son efficacité a été prouvée. Il existe aussi d’autres antioxydants intéressants pour l’hépatoprotection comme les vitamines E et C, la silybine ou le sélénium.

 

            Contrôle de l’inflammation

 

L’inflammation lors d’atteinte hépatique doit évidemment être contrôlée, d’autant plus qu’elle favorise la fibrose de l’organe. En plus des classiques corticoïdes (prednisone, prednisolone, dexaméthasone), il existe des produits naturels et moins agressifs pour lutter contre cette inflammation. Par exemple, la silybine (ou silibinine) est le principal constituant actif de la silymarine, extraite du Chardon Marie (Silybum marinum). Elle diminue l’inflammation en inhibant la production de facteurs pro-inflammatoires notamment, mais joue aussi d’autres rôles intéressants pour l’hépatoprotection : cholérétique (stimule la sécrétion biliaire, tout comme la SAMe), antifibrosant, antioxydant (via l’augmentation de la production du glutathion), régénération cellulaire, inhibition de la peroxydation des lipides, régulation de la perméabilité des membranes… Son principal défaut est une faible biodisponibilité, mais il est contourné en conjuguant cette silybine à la phosphatidylcholine pour former le complexe silybine-phosphatidylcholine (SPC), dont la très bonne biodisponibilité ainsi que l’absence de toxicité ont été démontrées chez nos carnivores domestiques.

 

Article rédigé par :

Romain LAPLACE
ProVeto Junior Conseil

Emilie

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