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L’automédication chez les animaux

Médecine naturelle, factuelle et innovante - smartinod - 09/03/2015 - 0 Comments

Nous avons tous vu des chiens manger de l’herbe. L’opinion générale est qu’ils agissent ainsi pour se purger. En fait nous ne savons pas vraiment pourquoi les chiens mangent de l’herbe et peu d’études ont été faites sur ce sujet. L’hypothèse la plus vraisemblable est que le chien a soit un problème digestif ou un parasite et qu’il mange de l’herbe pour l’aider à vomir et/ou à éliminer un problème dans les excréments.

Il existe une science pour étudier l’automédication chez les animaux qui s’appelle la zoopharmacognosie. Il semble que les animaux peuvent détecter le potentiel thérapeutique de certaines plantes.
De nombreux exemples ont été étudiés par différents groupes de chercheurs. Par exemple les chimpanzés mangent des feuilles rugueuses sans valeur nutritive pour décaper leur intestins et se débarrasser ainsi des parasites de façon mécanique. D’autres chimpanzés souffrant de parasitisme intestinal mangent des feuilles amères de Vernonia Amygdalina (connu sous le nom de Ndolé) qui contiennent des substances antiparasitaires comme les lactones sesquiterpéniques ou les glucosides stéroidiens. De même, les ruminants semblent apprendre à s’auto-médicamenter contres les parasites gastro-intestinaux en augmentant leur consommation de composés secondaires de plantes qui ont une activité antiparasitaire comme les tannins.
Les aras comme de nombreux animaux mangent de l’argile pour aider la digestion et prévenir les infections intestinales. Les femelles éléphants gravides du Kenya consomment les feuilles de certains arbres pour induire la parturition. Les femelles des lémuriens de Madagascar mangent des feuilles et des écorces de tamarins et de figues pour améliorer la production de lait, tuer les parasites et augmenter les chances de naissance sans problème. Les lagotriches ou singes laineux du Brésil ajoutent des plantes à leur alimentation pour améliorer ou réduire leur fertilité.
Les insectes peuvent aussi s’auto-médicamenter. Les drosophiles pondent leurs œufs dans les plantes riches en éthanol pour protéger leurs progénitures contre les guêpes parasitoïdes. Les papillons monarques pondent leurs oeufs sur des asclépias qui ont des propriétés antiparasitaires grâce aux cardénolides. Les fourmis des bois incorporent des résines de conifères dans leur nid pour prévenir les infections microbiennes dans la colonie.
L’étude de l’auto-médication chez les animaux peut nous amener à de nouvelles découvertes pour de nouveaux traitements en médecine humaine et vétérinaire.

Pour en savoir plus :

Surkin J. 2014 News Feature : Animals that self-medicate.. PNAS 111 : 17339-17341.
De Roode JC. et al 2013. Self-medication in animals. Science 340 : 150-151.

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