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Coévolution: le chat domestique plus intelligent que ses pairs sauvages

L'homme et l'animal : un lien extraordinaire - smartinod - 05/12/2014 - 0 Comments

La coévolution du chat  avec l’homme semble avoir rendu le chat domestique plus intelligent que ses pairs sauvages, selon les scientifiques qui ont cartographié le génome du chat.

 

Le projet sur le génome complet du chat a commencé en 2007 à l’institut national de santé (NIH) aux Etats-Unis. L’objectif initial était d’étudier un certain nombre de maladies héréditaires du chat qui présentaient des similitudes  avec des pathologies humaines dont des troubles neurologiques et métaboliques. Dans le cadre de ce projet, un chercheur,  Wes Warren, professeur associé de génétique au Genome Institute à l’Université de Washington de l’école de médecine de Saint-Louis, a eu l’idée de comparer les génomes de chats sauvages et domestiques dans l’intention de comprendre l’évolution des  gènes lors du passage de la vie sauvage à la vie domestique.

 

Si seulement un petit nombre de changements génétiques a été révélé, certaines de ces modifications ont étonné les chercheurs. Ce fut le cas notamment pour les gènes impliqués dans l’apprentissage, la mémoire, la peur et l’adaptation du comportement  motivé par des récompenses, laissant suggérer de bien meilleures capacités chez le chat domestique que chez le chat sauvage.

 

Wes Warren ne s’attendait pas à trouver ce genre de différences  du fait que la domestication du chat est beaucoup plus récente que celle des chiens, que contrairement à ceux-ci qui descendent d’une autre espèce le loup, les chats domestiques ne sont pas une espèce distincte de leurs homologues sauvages et qu’il y a toujours des croisements entre chats sauvages et domestiques.  Toutefois, les séquençages sophistiqués des gènes révèlent bien des différences significatives.

 

Wes Warren émet l’hypothèse que c’est le mode de domestication des chats qui peut expliquer ces différences. Au début,  les chats  ont probablement commencé à rôder autour des greniers à grains des hommes  pour se  nourrir des souris attirées par les  récoltes. Les hommes ont rapidement vu tous les bénéfices que leur apportaient ces chasseurs hors pair de rongeurs. Ils ont donc essayé de les garder prêt d’eux en leur offrant de la nourriture en récompense. On peut imaginer alors que les animaux les plus réceptifs et les plus aptes à apprendre et à adapter leur comportement sont restés en contact étroit avec l’homme  et sont à l’origine des races domestiques.

 

En comparaison, la domestication des chiens s’est déroulée d’une manière très différente. Elle est d’ailleurs bien antérieure à celle des chats. Une étude suédoise a suggéré que ce sont de nouvelles capacités de chiens ou loups sauvages à digérer des farines qui ont provoqué le rapprochement  entre l’homme et ces animaux. Ces derniers se sont mis à roder et à s’approcher des populations humaines pour bénéficier des déchets à base de farine que ces communautés laissaient aux alentours.

 

Les découvertes de Wes Warren montrent comment les études de biologie moléculaire des gènes permettent de comprendre les changements de certaines caractéristiques des espèces au cours de leur coévolution avec l’homme. Ces connaissances pourront aussi avoir des applications en médecine humaine. “Les carnivores sont un groupe d’espèces fascinant », dit Warren. «Nous devons aller plus loin et étudier le génome de plus de carnivores pour  mieux comprendre leur évolution ».

 

Référence: Montague et al PNAS 2014 Nov 10    doi: 10.1073/pnas.1410083111

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